RAVAGEURS ET MALADIES

Je vais tenter sur cette page de vous aider à reconnaître les différents ravageurs et maladies les plus fréquents sur vos plantes.

Au vu des changements très fréquents de législation sur les produits phytosanitaires depuis quelques années, je ne citerais pas toujours de nom de produit à utiliser et vous incite à aller voir dans les rayons concernés de vos magasins préférés (jardinerie, GSB, etc) les produits encore présents sur le marché.

En introduction, je voudrais rappeler que les maladies ci-dessous répertoriées sont toutes des champignons pathogènes, qui se developpent soit dans le sol – il faut alors traiter le sol en arrosage – soit sur le système aérien et il faut alors pulvériser des fongicides sur la plante. Tous les fongicides que vous trouverez dans le commerce sont préventifs : il est donc impératif de traiter avant de voir les symptômes de la maladie sur vos plantes.

Mildiou

Ce champignon s’attaque dans votre jardin principalement aux tomates, pommes de terre et autres solanacées mais aussi à vos pensées, rosiers, etc.

Les symptômes sont des tâches irrégulières sur les feuilles de couleur brun clair, bordées de pourpre. Au revers des feuilles, vous remarquerez des spores et du mycélium gris violacé. La maladie atteint également les fruits, les tiges, les fleurs et à terme, toute la plante dépérit.

Photo : BASF – Mildiou sur tomate

Le mildiou se developpe de façon optimale lorsqu’il y a une hygrométrie entre 80 et 90% pendant plusieurs heures et une température située entre 15 et 25°C. Par contre, 24 heures à plus de 27°C éliminent les spores et les empêchent de germer. Attention, les spores sont très volatiles et se disséminent facilement par contact, aération, arrosage, etc.

Pour éviter de rencontrer la maladie, il faut donc éviter au maximum l’humidité excessive au niveau de la plante, espacer les cultures, enlever les déchets contaminés qui gardent la maladie – même d’une année sur l’autre – et traiter régulièrement vos plantes avec un fongicide type bouillie bordelaise à base d’oxyde de cuivre.

Oïdium

Ce champignon s’attaque dans votre jardin principalement aux rosiers ou verveines mais aussi à vos arbustes tels que evonymus, hydrangea, etc. A la maison, il peut attaquer les bégonias, Saint-Paulias, etc.

Les symptômes sont des tâches blanchâtres et poudreuses sur les feuilles. Le feutrage blanc attaque d’abord la face supérieure des feuilles mais atteint ensuite la face inférieure. La maladie atteint également les tiges et les fleurs.

L’oïdium se developpe de façon optimale lorsqu’il y a une hygrométrie faible (< 50%) et une température située entre 21 et 27°C. Les périodes où la température et l’hygrométrie jour/nuit varient beaucoup sont très propices au developpement du champignon. Attention, les spores sont très volatiles et se disséminent facilement par contact, aération, arrosage, etc.

Pour éviter de rencontrer la maladie, il faut donc éviter au maximum l’humidité excessive qui favorise la germination, espacer les cultures, traiter régulièrement vos plantes avec un fongicide à base de soufre -type fongicide spécial rosier.

Oïdium sur bégonia élatior (photo : j-m bouet)

Photo : BAYER – Oïdium sur concombre

Pythium

Ce champignon du sol s’attaque principalement à vos semis, vos jeunes plantes.

Les symptômes sont la « fonte » de vos semis en cercles plus ou moins grands. La maladie attaque les jeunes racines et toute la plante dépérit.

Le pythium se developpe par spores qui circulent dans l’eau d’arrosage.

Pour éviter de rencontrer la maladie, il faut donc désinfecter vos caissettes avant le semis, éviter de détremper le terreau et surtout traiter vos semis en préventif par arrosage avec un fongicide anti-pythium.

Phytophthora

Ce champignon s’attaque dans votre jardin principalement aux conifères et plantes de terre de bruyère (rhododendron, azalée, bruyère,etc).

Les symptômes sont le flétrissement du feuillage qui prend une teinte grisâtre, l’apparence assoiffée de la plante avec les feuilles en parapluie et enfin, le dessèchement généralisé et la mort de la plante atteinte.

Le phytophthora se developpe de façon optimale lorsqu’il y a une humidité importante du substrat et une température du sol supérieure à 16°C. Les successions de périodes chaudes et humides favorisent le développement de la maladie. Attention, les spores se disséminent facilement par arrosage, contact de l’homme ou blessure de la plante.

Pour éviter de rencontrer la maladie, il faut donc éviter au maximum l’humidité excessive au niveau de la plante et favoriser le drainage, espacer les cultures sensibles, enlever les déchets contaminés qui gardent la maladie – même d’une année sur l’autre – maîtriser l’arrosage (éviter succession de stress et d’excès) et traiter régulièrement en arrosage avec un fongicide anti-phytophthora.

Botrytis

Ce champignon s’attaque chez vous aussi bien aux plantes fleuries qu’aux arbres et arbustes.

Les symptômes sont des tâches brun-gris et le déssèchement des feuilles, des bourgeons ou des fruits. En conditions humides, un duvet gris caractéristique se forme sur les zones attaquées.

Le botrytis se developpe de façon optimale lorsqu’il y a une hygrométrie saturante et une température située entre 18 et 23°C. Une fertilisation déséquilibrée favorise la maladie. Attention, le botrytis croît même sur les déchets organiques morts (feuilles, etc).

Pour éviter de rencontrer la maladie, il faut donc éviter au maximum l’humidité au niveau des feuilles, aérer et chauffer les abris, espacer les cultures, enlever les déchets contaminés qui gardent la maladie – même d’une année sur l’autre – et traiter régulièrement vos plantes avec un fongicide anti-botrytis.

Botrytis sur pensée – photo : j-m Bouet Botrytis sur pensée – photo : j-m Bouet Botrytis sur pensée – photo : j-m Bouet

Ces insectes, appartenant en fait à plusieurs familles proches, s’attaquent chez vous à toutes les plantes, à l’intérieur comme à l’extérieur.

Les pucerons ont une taille de 1 à 2 mm à l’age adulte, un corps globuleux et généralement deux cornicules faisant le tiers de sa longueur. Ils peuvent être ailés ou non, de couleur verte, jaune, noire, bruns. La caractéristique des femelles est la parthénogénèse, c’est-à-dire de pouvoir donner naissance à des pucerons femelles sans fécondation, d’où des infestations très rapides.La présence d’exsuvies trahit souvent une colonie de pucerons. Il s’agit des mues, sorte de carapaces desséchées que les pucerons abandonnent lorsqu’ils grossissent et que vous pouvez trouver sur vos plantes. Un autre moyen de voir la présence de puceron sur vos plantes à l’extérieur est de surveiller la présence de fourmis car celles-ci « élèvent » les pucerons pour les « traire » et récolter du miellat dont elles nourrissent la colonie.

Photo r. Coutin – OPIE / INRA – Pucerons adultes et exsuvies sur feuille de pois

Les pucerons apparaissent lorsque le temps est doux et peu humide, de préférence sur des plantes sensibles (rosier, etc).

Les dégats sont des déformations de feuilles ou de boutons dues aux piqûres des pucerons, l’avortement des boutons et l’apparition possible de virus et de fumagine.

Pour lutter contre ces ravageurs, il faut surveiller les infestations et procéder précocement à des traitements chimiques (insecticide type rosiers) ou utiliser des auxiliaires biologiques.

Puceron ailé (photo : j-m bouet)

Puceron (photo : j-m bouet)

Ces insectes, appartenant en fait à plusieurs familles proches, s’attaquent chez vous à toutes les plantes, à l’intérieur comme à l’extérieur.

Les thrips ont une taille de 1 à 2 mm à l’age adulte, un corps très allongé de couleur brun et est pourvu d’ailes étroites portant une rayure. Ils se déplacent en volant, marchant ou sautant. Il suffit de 15 jours à 20°C pour obtenir une nouvelle génération.

Les thrips apparaissent lorsque la température est élevée.

Les dégats sont des crispations et des déformations de feuilles ou de boutons dues aux piqûres des thrips, l’avortement des boutons et l’apparition possible de virus.

Pour lutter contre ces ravageurs, il faut surveiller les infestations et procéder précocement à des traitements chimiques ou utiliser des auxiliaires biologiques. On peut également capturer une partie de la population à l’aide de pièges bleus englués.

Photo : r. Coutin – OPIE/INRA – Frankliniella occidentalis Dessin du thrips adulte

Acarien

Dégâts sur bambou – face supérieure (photo : j-m bouet)

Tétranique sur bambou – face inférieure (photo : j-m bouet)

Ces ravageurs, appartenant en fait à plusieurs familles proches, s’attaquent chez vous à toutes les plantes, à l’intérieur comme à l’extérieur, avec des préférences pour les rosiers, les laurier-roses, les kentias, etc.

Les acariens ont une taille de 0,2 à 1 mm à l’age adulte. Ils se déplacent en marchant.

Les acariens apparaissent lorsque la température est élevée (+ 25°C) et le climat sec (hygrométrie < 60%).

Photo INRA – acariens adultes

Les dégats sont des piqûres nutritionnelles qui provoquent le dessèchement des boutons, la déformation et la chute des feuilles et au final, la mort de la plante. Lors d’infestation importante, on remarque la présence de toiles autour des zones attaquées.

Pour lutter contre ces ravageurs, il faut surveiller les infestations et procéder précocement à des traitements chimiques à base d’acaricide. On peut également couper les branches infestées.
 

Dégâts sur feuilles de scaevola (photo : j-m bouet)

Acariens adultes sur face inférieure de feuille de scaevola (photo : j-m bouet)

Aleurode

Ces insectes, appartenant en fait à plusieurs familles proches, s’attaquent chez vous à toutes les plantes, à l’intérieur comme à l’extérieur (avec des préférences pour les fuchsias, les lantanas, les hibiscus, poinsettias, etc).

Les aleurodes ont une taille allant jusqu’à 5 mm à l’age adulte, un corps très allongé de couleur blanche, de forme triangulaire et est pourvu d’ailes étroites. Ils se déplacent en volant. Il suffit de 3 à 4 semaines à 20°C pour obtenir une nouvelle génération.

Les aleurodes apparaissent lorsque la température est élevée. Sur la face inférieure des feuilles, on peut voir des oeufs et des nymphes, ce qui demande une certaine habitude. Les adultes sont également visibles à la face inférieure des feuilles, où ils se cachent au repos.

Les dégats sont des piqûres nutritionnelles des feuilles ou des boutons, qui peuvent à terme entraver le développement de la partie piquée et l’apparition possible de virus et de fumagine.

Pour lutter contre ces ravageurs, il faut surveiller les infestations et procéder précocement à des traitements chimiques ou utiliser des auxiliaires biologiques. On peut également capturer une partie de la population à l’aide de pièges jaunes englués.


  Photo j-p Onillon – doc. INRA – Trialeurodes vaporariorum (oeufs, larves, adultes)

Cochenille

Ces insectes, appartenant en fait à plusieurs familles proches, s’attaquent chez vous aux plantes vertes ou aux arbustes.

Les cochenilles femelles ont une taille de quelques millimètres à l’age adulte, un aspect de bouclier plus ou moins aplati, abrité ou non dans des sécrétions. Les cochenilles paraissent immobiles et souvent placées au niveau des noeuds (attache des feuilles, séparation des branches), mais elles peuvent se déplacer facilement en cas de besoin.

Photo : c. Benassy  – INRA – Cochenilles sur palmier

Les cochenilles apparaissent lorsque la température est élevée et l’air sec. Lors d’infestation, leur nombre peut faire penser à un encroûtement.

Les dégats liées aux piqûres nutritionnelles sont la chute des feuilles, l’affaiblissement plus ou moins prononcé des plantes.

Pour lutter contre ces ravageurs, vous pouvez soit éventuellement couper la branche attaquée, soit traiter avec des produits à base d’huile de pétrole (huile blanche) en pulvérisation en faisant attention de bien atteindre l’adulte qui peut être protégé par ses sécrétions. Vous pouvez aussi utilisez une bombe de lustrant à plante verte, l’huile asphyxiant la cochenille.

Cochenille sur racine (photo : j-m bouet)

Cochenille sur pothos (photo : j-m bouet)

Cochenille sur pothos (photo : j-m bouet)

Cochenille sur pothos (photo : j-m bouet)

Ce trouble physiologique touche principalement les géraniums lierres.

Les symptômes sont des tâches liégeuses qui apparaissent à la face inférieure des feuilles.

L’oedème apparait lors d’excès d’arrosage, surtout après une période de stress hydrique. Pour l’éviter, il suffit de maîtriser l’arrosage et d’équilibrer la fertilisation.

Chlorose

Ce trouble touche potentiellement toutes les plantes, même si certaines sont particulièrement sensibles comme les primevères.

Les symptômes sont l’éclaircissement du limbe de la feuille alors que les nervures restent foncées.

Ceci est causé par une mauvaise assimilation du fer et donc une carence. Pour l’éviter, il faut fertiliser régulièrement les plantes avec un engrais équilibré contenant du fer et dès que cela apparaît, faire un apport de fer chélaté en arrosage.