Quelques conseils concernant les traitements phytosanitaires

Vous trouverez ci-dessous quelques conseils pour traiter au mieux vos plantes.

Avant toute chose, je tiens à préciser que chacun reste libre de choisir de ne pas traiter par conviction ou peut choisir des traitements alternatifs comme la protection biologique (voir en bas de la page) ou des vieilles recettes de jardiniers (eau savonneuse pour éloigner les pucerons, purins de plantes, etc). Je ne parlerais pas de ce dernier point, vous trouverez un tas de recettes sur tous les forums de jardinage.

Néanmoins, ceux qui ne refusent pas de le faire ont souvent du mal à savoir quand traiter, avec quel produit, de quelle façon… Je vais essayer de vous aider dans votre diagnostic et dans le choix des solutions à y apporter.

Il est évident que le premier pas est d’établir un diagnostic précis du problème : s’agît-il d’une maladie? Est-elle causée par un champignon, une bactérie ou un virus? S’agît-il d’un insecte ou d’un acarien? Est-ce un problème physiologique? Je vois trop souvent des clients me demander conseil et me dire qu’il ont appliqué un fongicide sur des insectes ou mis le premier fongicide venu (bouillie bordelaise par exemple) sur leur plante sans chercher à savoir s’il serait efficace. Cela n’est pas efficace et pollue pour rien l’environnement.

Pour vous aider dans votre diagnostic, vous pouvez vous reporter à la page dédiée aux ravageurs et maladies : Ravageurs et maladies

Enfin, je pense qu’il est important de préciser ici quelques règles de bases à suivre absolument pour traiter chez vous:

► Aucun traitement n’est anodin! Vous devez absolument mettre des gants et un masque de traitement pendant toute la phase de traitement, de la préparation au rangement final. Un masque en papier ne sert à rien et ne vous protège pas! De même, mettre un masque sans gants ne sert à rien car les produits passent dans l’organisme autant par la peau que par les poumons!

► Vous devez choisir le bon produit : chaque produit est homologué pour un ravageur ou une maladie et ne sera pas efficace sur les autres. Par contre, vous pouvez choisir la forme qui vous est la plus facile d’utilisation : produit à diluer, bombe, etc. Il faut néanmoins savoir que les produits en bombe peuvent quelquefois brûler vos plantes.

► Il faut respecter les consignes notées sur les emballages : délais entre 2 traitements, délai sans pluie, dose … Il faut bannir l’idée reçue que le produit sera plus efficace si on augmente la dose!

Les fongicides sont des produits destinés à traiter les maladies cryptogamiques c’est-à-dire causées par des « champignons » du sol, souvent appelées pourritures ou des spores volantes de champignons aériens.

Il existe une règle impérative à suivre sous peine d’inefficacité : les fongicides sont uniquement préventifs et doivent donc absolument être pulvérisés sur la plante avant l’apparition des symptômes. Lorsque vous voyez déjà le duvet blanc de l’oïdium sur vos rosiers ou les tâches noires du mildiou sur vos tomates, votre traitement ne sera plus efficace, il est déjà trop tard. Vous devez anticiper chaque maladie : penser à traiter le mildiou dès la plantation des tomates, l’oïdium sur les rosiers, etc.

Il est également très important de déterminer précisement la maladie à traiter car tous les fongicides ne sont pas polyvalents. Si l’on prend l’exemple de la bouillie bordelaise que tout le monde connaît, à base de cuivre, elle n’est efficace que contre le mildiou sur vos tomates, pommes de terre, rosiers, etc. Par contre, elle ne protégera pas vos rhododendrons du phytophthora ou vos rosiers de l’oïdium ou de la maladie des tâches noires.

Les cultures protégées et les maladies traitées par chaque fongicide sont notées sur les emballages. Une fois que vous savez quelle maladie vous voulez traiter, il suffit de chercher le produit homologué pour cette maladie.

Enfin, je rappelle qu’une prophylaxie rigoureuse limite les problèmes sanitaires et peut donc permettre de limiter les traitements : les spores de botrytis ou d’autres champignons peuvent se developper sur les déchets de végétaux (feuilles mortes, etc.). Ramasser les déchets permet donc de limiter les attaques suivantes.

Les insecticides sont destinés à lutter contre les insectes alors que l’on utilise un acaricide contre les acariens.

Sans rentrer dans le détail, les insectes et acariens ont une biologie basée sur plusieurs étapes d’évolution : oeuf, stade(s) larvaire, pupe et stade adulte. Ceci est important car, en général, les produits de traitement ne sont efficaces que sur un stade bien précis (oeuf, larve ou adulte) et il faut donc faire attention lorsqu’on traite une population d’adultes qu’il y a souvent des oeufs et des larves qui donneront un peu plus tard une nouvelle génération. C’est pourquoi, en cas d’attaque, il est conseillé de renouveller régulièrement les traitements dans les premiers temps, surtout si on utilise un adulticide.

Contrairement aux fongicides, les insecticides sont curatifs et il est donc conseillé d’attendre de voir les attaques d’insectes pour commencer à traiter. Ceci est donc moins contraignant puisque vous n’aurez pas à traiter systématiquement.

Comme pour les fongicides, les insecticides ne sont pas toujours polyvalents. Il faut déterminer avec précision le genre de ravageur à détruire avant de choisir le produit (un produit efficace sur le puceron ne le sera pas forcement sur un thrips ou une cochenille).

Contrairement aux maladies, par contre, vous pouvez lutter contre les ravageurs de manière naturelle, sans produits phytosanitaires en utilisant les papiers englués, les ravageurs naturels (coccinelle, acarien auxilliaire, etc) ou en utilisant les remèdes de grand-mères qui chassent les insectes (savon noir, huile, etc.). Je veux ici attirer l’attention sur le fait que les produits naturels (décoction de tabac, de pyrèthre, etc.) qui sont efficaces sur les insectes et qui étaient utilisés par nos grand-pères sont aussi dangereux pour notre organisme que les produits de synthèse. Leur utilisation doit être faite avec autant de précautions (port de gants et de masque).

Un herbicide ou désherbant est destiné à faire mourir les « mauvaises herbes ».

Comme tous les autres produits phytosanitaires, les herbicides sont spécifiques et il faut pour choisir le bon produit déterminer si l’on veut se débarrasser d’herbes monocotylédones ou dicotylédones, d’herbes annuelles ou vivaces, etc. Ceci est primordial pour une bonne efficacité sans pollution excessive. De même, il existe des produits sélectifs qui peuvent être appliqués par dessus la culture et des produits non sélectifs qui tueront tous les végétaux pulvérisés.

Pour éviter toute pollution, il est conseillé par exemple, pour désherber vos allées, de ne pas utiliser à outrance le chlorate de soude qui migrera vers les nappes phréatiques à la première pluie mais plutôt d’utiliser un produit en pulvérisation, appliqué avec plus de parcimonie et souvent moins nocif (les produits les plus nocifs ont été retirés du marché depuis quelques années). Par contre, comme pour les autres produits, il faut bannir l’idée reçue que la dose multipliée rend le traitement plus efficace.

Lutte biologique

Larve de coccinelle (cryptolaemus montrouzieri) se nourrissant de cochenilles (photo : j-m bouet)

Aphidius colemani pondant son oeuf dans un puceron

Nous sommes en mesure de vous proposer, sur commande, la fourniture d’insectes ou acariens auxiliaires afin de lutter de façon douce contre vos ravageurs tels que limaces, pucerons, aleurodes … Cela se fera, selon les cas, soit par notre intermédiaire soit directement auprès de notre fournisseur et vous serez livrés soit à notre établissement, soit directement chez vous (attention, UPS ne livre que le matin).

Il s’agit d’insectes prédateurs (qui mangent le ravageur) ou parasitoïdes (qui pondent dans le ravageur), livrés le plus souvent sous plusieurs formes à la fois (oeufs, larves et adultes) pour une meilleure efficacité.

liste auxiliaires PBI.pdf (4,02 kB)

Les commandes d’insectes seront prises impérativement en début de semaines impaires pour une livraison les jeudis des semaines paires par UPS. Les insectes devront être mis en place rapidement (dans les 24 h) suivant leur réception et conservés jusque là dans de bonnes conditions (endroit frais et non ensoleillé) pour éviter le stress voire une certaine mortalité.

Vous pouvez passer nous voir pour plus de détails.