Horticulture Bouet | conseil de l'horticulteur pour garder vos plantes aussi belles qu'à leur début

Vous trouverez ci-dessous quelques notions élémentaires de jardinage à appliquer pour garder facilement toutes vos plantes.

Quelques règles simples et néanmoins essentielles …

a) Motte et racines

Lorsque vous achetez une plante et que vous voulez la planter ou la rempoter, qu’elle soit d’intérieur ou d’extérieur, vous ne devez jamais toucher à la motte existante. Les radicelles qui permettent à la plante d’absorber l’eau sont microscopiques et très facilement altérables. Les grosses racines que vous voyez ne servent qu’à transporter l’eau vers la plante. Lorsque vous brisez la motte avant rempotage, vous brisez également toutes ces petites radicelles et obligez la plante à reprendre dans de mauvaises conditions. Lorsque vous laissez intacte la motte lors d’un empotage, vous n’abîmez pas les racines et la plante peut continuer de pousser immédiatement et facilement.
 

b) terreau à employer

Lorsque vous voulez rempoter une plante sans être sûrs du terreau à employer, utilisez un terreau universel, qui comme son nom l’indique convient à toutes les plantes (rempotage des plantes vertes et fleuries, plantation des arbustes, des légumes, etc). Ne mettez pas systématiquement de la terre de bruyère : son pH très bas ne convient pas à la majorité des plantes et doit rester une exception (rhododendron, bruyère, camélia, piéris, azalée).
 

c) exposition des plantes d’extérieur

La très grande majorité des plantes d’extérieur que nous vendons sont à planter dans un endroit ensoleillé, surtout sous nos latitudes septentrionnales où le soleil n’est que rarement très « fort ». Les plantes nécessitant de l’ombre pour bien se développer sont une exception (hellébore, fougères d’extérieur, etc.). De plus, il faut bien cerner le terme « ombre » : un mur de clôture peut donner de l’ombre à son pied tout en ayant une bonne luminosité alors qu’un arbre très feuillu ou des immeubles serrés coupent tout passage de lumière et deviennent un gros inconvénient.
 

d) exposition des plantes d’intérieur

Dans la maison, chaque mètre qui éloigne vos plantes d’une fenêtre fait diminuer de façon exponentielle la quantité de lumière reçue par vos plantes. Cela n’est pas visible à l’oeil mais est primordial pour vos plantes, surtout en jours courts où l’ensoleillement naturel est minime. De plus, la majorité des maisons modernes ont des doubles vitrages qui coupent une partie du rayonnement lumineux par reflexion entre les deux vitres. Vous devez donc oublier les notions de lumière directe ou indirecte et placer vos plantes obligatoirement tout près des fenêtres, surtout l’hiver et dans les pièces mal exposées (Ouest et Nord). Les vitres stoppent les rayonnements néfastes du soleil et empêchent vos plantes de « brûler ».
 

e) arrosage(s)

« Peu importe le flacon… » comme dit le dicton. L’important en ce qui concerne l’arrosage n’est pas la manière dont vous apportez l’eau mais la fréquence et la quantité et surtout leur modulation en fonctions des facteurs environnementaux.

Vous pouvez arroser vos plantes par le dessus du pot, par trempage ou par capillarité en apportant l’eau dans la soucoupe, ces trois méthodes étant aussi bonnes les unes que les autres. Vous pouvez aussi varier ces méthodes.

L’important est d’apporter assez d’eau à la plante pour qu’elle puisse continuer sans effort son activité physiologique (photosynthèse, évapotranspiration, circulation de sève, etc.) qui est fortement liée à la présence d’eau autour du végétal (eau du sol, taux d’hygrométrie de l’air). Par contre, l’excès d’eau dans votre pot ou dans la soucoupe est toujours un gros inconvénient qui amène les problèmes d’asphyxie racinaire, de maladies fongiques et se termine toujours par le dépérissement de votre plante. Vous devez surveiller chaque pot individuellement et non pas arroser toutes vos plantes en même temps, car en fonction des variétés, de la taille du pot ou de son emplacement (près d’une fenêtre, du chauffage, etc), chaque plante sèche à son rythme! Ceci est primordial pour éviter d’avoir la moitié de ses plantes trop sèches et le reste en train de pourrir…

Il est également important de surveiller les conditions de température et d’hygrométrie de votre maison pour moduler vos arrosages : contrairement aux idées reçues, vos plantes nécessitent plus d’arrosage l’hiver et moins l’été. Lorsqu’on chauffe en hiver, l’hygrométrie baisse considérablement, le terreau sèche plus vite et les plantes souffrent du manque d’humidité (cela bloque la transpiration des feuilles et par là toute activité physiologique). Il ne faut surtout pas ajouter à ce problème d’hygrométrie un problème de sécheresse chronique du terreau.

Faîtes enfin attention aux convecteurs électriques qui accentuent le déssechement de l’air en hiver : la majorité des plantes se porte bien dans une atmosphère humide (entre 60 et 80%) alors qu’en moyenne, nos maisons ont en général une humidité relative située entre 30 et 50%.
 

f) rempotage

La règle de base est que dans la très grande majorité des cas, vous ne devez pas rempoter une plante que vous venez d’acheter. Les signes qui vous indiquent que vous devez changer de pot sont soit les racines qui débordent du pot de tous côtés, soit votre pot qui sèche trop rapidement (la terre ne reste pas humide plus de 2 jours). Si vous devez rempoter votre plante, il faut respecter quelques règles

1- Ne pas toucher à la motte (voir § a) )

2- Prendre un pot légèrement plus grand et faire plusieurs rempotages successifs plutôt que d’agrandir trop d’un seul coup votre pot. Pour exemple, un pot de 14 cm de diamètre fait 1L, un pot de 17 cm fait 2L, un pot de 19 cm fait 3L, etc. Si vous passez directement d’une petite à une grande taille de pot, votre plante ne peut pas absorber toute l’eau que vous mettez pour mouiller le pot et vous aurez des problèmes d’asphyxie racinaire et de maladies fongiques (cf § précédent).

3- peu importe que vous utilisiez un pot en plastique ou en terre cuite, mais il doit obligatoirement être pourvus de trous de drainage en nombre suffisant. Il n’est pas nécessaire de mettre du gravier ou billes d’argiles au fond d’un pot bien drainé… Par contre, si vous utilisez de la terre cuite, sachez que votre terreau sèchera beaucoup plus vite que dans du plastique car le pot transpire et évacue une partie de l’humidité du pot par ses pores. Il faut donc éviter, contrairement aux idées reçues, de remplacer un pot plastique pour un pot de terre cuite lorsque vous voulez mettre une plante à l’extérieur si vous ne surveillez pas souvent l’arrosage (cimetière, maison de campagne, etc.).

4- enfin, pensez à laisser une « cuvette » en haut de votre pot pour faciliter l’arrosage.